Meriem, le lien à l'autre comme fil conducteur
“Meriem Universellement Sympathique”, c’est ainsi qu’a été surnommée Meriem par Coco, l’une des personnes qu’elle a rencontrées en maraude et avec laquelle elle a su tisser un lien au fil des mois. Il est vrai que cette ariégeoise de 26 ans sème sourires et joie de vivre partout où elle passe.
Bénévole depuis tout juste 1 an, Meriem arrive à Paris en octobre 2024 pour le travail, après avoir terminé ses études de biologie. L’opportunité de s’engager ne s’est pas encore présentée mais l’envie est là. C’est en juillet 2025, après avoir terminé son premier contrat, voyagé un peu et s’être ressourcée chez ses parents, que l’ariégeoise se sent prête. Elle vient de débuter un nouveau travail mais elle a soif de rencontres et de lien social.
“Quand j’ai fini mes études et que je me suis retrouvée dans le monde du travail […] j’ai vite senti qu’il me manquait ce contact humain.”
Elle réalise sa première mission à la Villette et tombe amoureuse de l’association. Une semaine plus tard, après en avoir entendu parler au détour d’une conversation, elle décide de rejoindre les maraudes. Meriem réalise alors en moyenne 4 missions par semaine. Un an plus tard, elle participe toujours aux maraudes les lundis soirs et continue d’aller à la Villette les dimanches.
“Je suis arrivée la dernière semaine de juillet et en fait le dimanche d’après […] ça parlait de maraudes. […] Ça m’intéressait, je voulais vraiment tout faire.”
Participer aux maraudes lui ouvre les yeux sur le sans-abrisme et les personnes rencontrées dans la rue. Meriem se sent grandie.
“Je me sens grandie depuis un an, surtout grâce aux maraudes, […] quand je voyais des personnes en situation de rue ça me faisait toujours de la peine […] mais je ne prenais jamais vraiment le temps, ça ne me traversait même pas l’esprit malheureusement, de m’arrêter et discuter avec eux. […] Ce sont des êtres humains comme nous qui souhaitent discuter, comme moi aussi j’adore discuter […] En fait, les maraudes m’ont appris ça.”
Un lien de confiance se crée avec les personnes rencontrées tous les lundis soirs. Des histoires et des nouvelles sont partagées.
Pour autant, cette évaluatrice de la sécurité des produits cosmétiques a appris à cultiver ce lien social tout en conservant une certaine distance, nécessaire pour prendre du recul sur les situations rencontrées. C’est ce qui lui permet de rester à l’écoute et disponible, tout en se protégeant émotionnellement.
Meriem évoque une rencontre marquante, une confidence partagée puis, la joie et l’inquiétude que cette confidence a fait naître en elle. Elle explique que sans cet équilibre entre proximité et détachement, elle aurait reçu la nouvelle différemment.
“J’ai appris aussi à garder ce lien social mais aussi à garder un certain détachement. Il fallait avoir créé en amont ce détachement pour ne pas lui montrer que j’étais hyper triste.”
Cette capacité à prendre du recul et à naviguer les situations rencontrées sur le terrain est peut-être en partie liée à une phase de développement personnel menée pendant ses études, qui lui a appris l’importance de mieux se connaître avant de chercher à connaître les autres.
Meriem est curieuse de tout et n’a pas peur de l’inconnu. Elle rêve en grand et s’est imaginée au fil des ans tour à tour, partir faire le serment du silence à Bali, maraîchère ou encore plus récemment gérante d’une auberge-café-librairie. Ce dernier projet est en partie nourri par sa passion pour l’automne (et les délicieuses boissons chaudes qui vont avec) et par la série Gilmore Girls, que Meriem prend plaisir à regarder à n’importe quel moment de l’année.
“Mon p’tit kiff, je ne sais pas si je le ferais un jour, mais mon rêve ce serait d’avoir, un peu comme dans la série, une auberge-café-librairie (…) bien sûr dans une forêt, mood automnal, hein.”
À La Chorba, Meriem se sent vivante mais elle contribue aussi en retour, à faire vivre l’association. 🧡