Gul, salarié en insertion aux grandes ambitions

Après avoir quitté l’Afghanistan et passé 3 ans à La Chorba, Gul marque une nouvelle étape avec la formation en CAP couvreur qu’il a rejoint en septembre. C’est avec un sourire aux lèvres qu’il nous parle ici de son évolution, et de ses ambitions grandissantes.
Quand j’étais en Afghanistan, je n’avais jamais mis les pieds en cuisine. Aujourd’hui, je prépare plein de plats français ou afghans, mais aussi la fameuse chorba. Et j’ai envie d’apprendre plus ».
Du haut de ses 25 ans, Gul a connu un long parcours, semé d’embûches mais aussi de réussites. Une vie risquée, avec de nombreuses contraintes et une peur constante, l’a amené à quitter l’Afghanistan en 2017, pour rejoindre la France. Il entend alors parler de La Chorba, quant à l’époque il recherchait un emploi, et ne sachant que dire “bonjour” en français.
Gul rejoint alors le dispositif des premières heures, puis le chantier d’insertion en 2018. C’est alors qu’il dé-couvre – en même temps que Paris, sa vie rapide et ses ruelles qu’il aime tant – le monde du travail. Il nous raconte que plus jeune, dans les montagnes de son pays d’origine, il aidait sa famille comme berger. Il avait également travaillé quelque temps dans des commerces locaux et le bâtiment, mais la situation sur place ne lui permettait pas de développer de réelles compétences.

« Ici, j’ai beaucoup appris. En cuisine, comment se servir des bons outils, la manière de couper, les recettes… Mais aussi à la Porte de la Villette, gérer la logistique et la sécurité avec les équipes sur place. C’est ça que j’aime. Travailler avec les autres, et surtout quand ça bouge ».

C’est comme ça que l’on connaît Gul, toujours volontaire et serviable, un peu taquin, et avec l’envie de travailler en équipe. Durant ses 3 années à La Chorba, il a su prouver ses capacités dans les missions réalisées, et démontré sa curiosité lors des formations de langue française. Quatre ans après, il lit et écrit en français, et surtout, il s’exprime avec plus d’aisance. Mais au-delà de ça, il dit avoir grandi, et se voit aujourd’hui être passé d’un jeune garçon à un homme plus mature.
« J’avais 21 ans quand je suis arrivé ici. Aujourd’hui, je travaille, je mène ma vie à Paris, je suis marié, j’ai des responsabilités. Même personnellement, je vois que j’ai changé. La langue n’est plus une barrière, car si avant je n’osais pas demander mon chemin ou juste parler à quelqu’un, maintenant je m’ouvre plus ».
Après 3 ans aux côtés de La Chorba, guidé par les équipes et accompagné par les conseillères d’insertion professionnelle qui ont suivi, Gul poursuit son chemin en intégrant une formation de CAP couvreur dans le bâtiment pour trois ans. Une nouvelle aventure, différente de La Chorba, qu’il souhaite découvrir et grâce à laquelle il aimerait acquérir de nouvelles compétences, tout en appliquant la rigueur, le sérieux et l’esprit d’équipe appris au sein de l’association, Boulevard Poniatowski.